Actualités des crédits immo
Taux des crédits immobiliers
taux fixe immobiliers hors assurance
7 ans 2.43 %
10 ans 2.84 %
15 ans 3.10 %
20 ans 3.30 %
25 ans 3.50 %
30 ans 4.00 %

Perspective de panne pour le marché du crédit immobilier

La demande de crédit immobilier s’infléchit sous le coup des conditions d’emprunt devenues plus rigoureuses et la remontée des taux. La crise de la zone euro joue également sa partition et vient perturber la visibilité sur l’évolution du marché. Le courtier en ligne Meilleurtaux décrypte ces tendances dans la 14ème édition de l’Observatoire du crédit immobilier.

Une baisse certaine de la production de crédits

Selon les données rapportées par l’Observatoire, la production de nouveaux crédits immobiliers a diminué au début de l’année 2011. Outre le fait qu’on partait de haut, la demande n’était plus soutenue par les aides jusque-là accordées pour encourager l’accession à la propriété (déduction des intérêts d’emprunt, Scellier…).

En revanche, depuis septembre 2011, la distribution de crédit a bien repris. Ce nouvel élan risque d’être de courte durée sous l’effet de la baisse du taux de réduction Scellier à 13%, le recentrage du PTZ+ et la remontée des taux d’intérêt.
La demande est également très sensible aux prix de l’immobilier dont le prix moyen a quasiment doublé en 10 ans. Nicolas Bouzou, économiste invité par Meilleurtaux, explique cette envolée par la conjonction « d’une démographie dynamique et de taux d’intérêts bas [tandis que] parallèlement l’offre ne suit pas. »
Conséquence de la chute de la demande, les prix de l’immobilier devraient s’infléchir durablement à la baisse.

L’augmentation prévisible des taux immobiliers

De janvier à mai 2011, les taux des emprunts immobiliers ont amorcé une hausse stabilisée depuis cet été. Seules 30% des banques partenaires de Meilleurtaux ont poussé leurs taux fixes de 0,10 point en moyenne.

La photographie des taux du marché au mois de novembre donne en moyenne 3,61% sur 15 ans, 3,85% sur 20 ans, 4% sur 25 ans et 4,35% sur 30 ans. Il s’agit bien de moyennes avec, en pratique, de fortes disparités selon les enseignes, jusqu’à 0,80 point d’écart, et ceci dans une même région.

Hervé Hatt, le directeur général de Meilleurtaux anticipe pour l’avenir « le scénario d’une hausse graduelle mais modérée des taux ». Cette analyse est notamment justifiée par la hausse des obligations d’Etat françaises (OAT 10 ans) et la tendance des banques à fortifier leur marge en profitant de la baisse du taux de la BCE, moyen rapide de grossir leurs fonds propres.

Si l’augmentation des taux d’intérêt des emprunts immobiliers se confirmait, il faut s’attendre à une retombée des prix de l’immobilier. Pour Hervé Hatt, « L’atterrissage en douceur des prix devrait permettre un assainissement et un rééquilibrage du marché immobilier. »

Le resserrage de l’accès au crédit

Autre tendance tirant vers le bas la demande d’emprunt, la nouvelle sévérité des banques dans la sélection des dossiers. Echaudées par la crise, les banques françaises sont moins enclines à distribuer du crédit immobilier à l’aveuglette. Sandrine Allonier, responsable des études de Meilleurtaux, remarque que « certaines banques ne proposent plus de prêts au-delà de 30 ans (…). D’autres demandent un apport de 10% pour couvrir les frais, voire 20% pour obtenir un très bon taux. »

Ces conditions préalables, bien que récentes, ont déjà modifié le profil des emprunteurs, clients de Meilleurtaux, lesquels sont moins jeunes (les moins de 35 ans sont passés de 50% à 43,1% entre le premier trimestre 2011 et le mois d’octobre), mieux dotés (66 825 euros d’apport moyen en octobre, contre 64.140 euros au premier trimestre) et sont moins souvent primo-accédants (64% en octobre, contre 70% au premier trimestre).

Cet article a été publié le mercredi 30 novembre 2011 à 15 h 45 min et est classé dans news. Vous pouvez en suivre les commentaires par le biais du flux RSS 2.0. Les commentaires et pings sont fermés.